Dino Kužnik, un oeil nostalgique sur l’Amérique

Regarder les photographies de Dino Kužnik, c’est plonger dans une époque nostalgique aux tons pastel modernisée par les sujets contemporains cadrés par l’objectif de ce photographe slovène. Kuznik a décidé de plonger son art dans une période américaine typique, autour d’un décor de Motel, de station-essence, de panneaux routiers, et de paysages désertiques. De Ford Mustang à Tesla en passant même par une Citroën SM garée devant un garage californien, Kužnik véhicule un amour de l’automobile qu’il transmet dans ses photos.

Repéré en grande partie par son profil Instagram qui compte un peu plus de quarante mille abonnés, Kuznik a notamment été engagé pour un shoot avec Tesla grâce justement à ces photos postées en ligne. Son compte principal, @dinokuznik, reflète au sein d’une composition cohérente des triptyques photographiques sur chaque ligne horizontale du profil, chacune représentant un thème particulier des photographies de Kuznik. Pour s’immiscer un peu plus dans l’intimité de Kužnik, il suffit d’accéder à ce qu’il définit lui-même comme les restes de travail : son compte @allthe0thershit.

Dino a répondu favorablement à une demande d’entretien, et a accepté de se confier sur son métier et sa passion, ses inspirations, son passé de graphiste et ce qu’il aime photographier.

Éclectique : D’où viens-tu ? Quel âge as-tu ?

Dino Kuznik : Je suis originaire de Slovénie. Je viens d’avoir 33 ans cet été, un vieux millennial, mais je me sens comme si j’en avais 25.

Quand as-tu commencé à photographier ? Quelles étaient tes premières photos ? Quel était ton premier appareil photo ?

J’ai vraiment commencé à photographier sérieusement à l’université. C’est là que j’ai eu mon premier appareil photo reflex (DSLR) et j’ai peu après commencé à être assistant en studio, et j’ai travaillé comme photojournaliste pendant un moment. Je ne suis pas sûr concernant mes premières photos, mais ça devait être en famille lors d’un voyage en Croatie.

Mon premier appareil photo était donc un Nikon D80 avec un objectif 18-135mm. Je photographiais avec jour et nuit, je le prenais partout.

Quel est ton appareil photo principal aujourd’hui ? Pourquoi ?

Mes appareils photos principaux sont un Nikon D850 et un Pentax 67II, et j’aimerais ajouter un Mamiya 7 à la collection. Chaque appareil sert un objectif différent. Mon Nikon est mon cheval de bataille, je l’utilise pour les petits boulots et les projets personnels. Je fais tout le travail d’argentique avec le Pentax. Je veux avoir le Mamiya car il est une alternative plus légère au Pentax et j’aimerais l’utiliser quand je marche ou quand je voyage. L’appareil est juste un outil, donc ça n’a pas vraiment d’impact sur ma vision artistique – tout cela est dans ma tête. Beaucoup de gens pensent qu’avoir le même appareil que son photographe préféré permet de prendre les mêmes photos – ce qui est une énorme idée reçue.

Qu’est-ce qui t’as amené vers la photographie ? 

J’ai toujours été une personne visuelle. J’ai toujours dessiné, peint, illustré, designé des choses… alors l’appareil photo était comme une extension de moi. Mais je pense que ça a réellement dû être mon grand-père qui m’a introduit à la photographie quand j’étais enfant. Il avait beaucoup de livres de photos et des magazines National Geographic depuis les années 60. On passait des heures à naviguer dans ces magazines et ces livres. Il était aussi un photographe amateur et j’essayais parfois ses appareils photos argentique quand j’étais un peu plus grand… ce qui était une expérience extraordinaire en soit, car ça me faisait shooter sur pellicule régulièrement.

Quel est ton endroit favori pour photographier aux États-Unis ?

Je n’ai pas un endroit en particulier honnêtement car je voyage chaque fois dans un nouvel endroit, qui est l’endroit le plus excitant et fascinant à ce moment donné. Mais je peux affirmer sans aucun doute que la Californie est mon État préféré, mais je l’ai photographié jusqu’à la moelle. J’aime toujours y retourner malgré tout.

Beaucoup de gens pensent qu’avoir le même appareil que son photographe préféré permet de prendre les mêmes photos – ce qui est une énorme idée reçue.

Où aimerais-tu photographier où tu n’es pas encore allé ?

L’Asie du Sud-Est (où juste l’Asie en général), l’Amérique du Sud (j’aimerais aller en Patagonie) et faire un road trip en Australie.

J’ai noté un amour pour les voitures dans tes photos ? Quelle voiture as-tu ? Quelle est la voiture de tes rêves ?

Oui je suis attiré par des vieilles muscle car ou les vieilles voitures américaines plus généralement. Autrement je ne suis pas attiré tant que ça par les voitures. Mais en tant que sujets les veilles voitures évoquent une époque différente donne à une photo une ambiance rétro. Mais j’aime shooter des environnements avec des voitures.

Je n’ai pas de voiture comme j’habite à New York, mais je pense en acheter une l’année prochaine, pour que ce soit plus facile pour moi de bouger entre les shoots et les projets personnels. Je pensais à en prendre une avec un ami photographe, car c’est dur de garder une voiture à New York sans garage.

Concernant ma voiture de rêve ? Hmm, je dirais que si j’avais l’argent et que je vivais en Californie je prendrais une Dodge Charger noire de 1969, ou une Chevrolet Chevelle SS de 1969 également.

Comment as-tu été publié par Tesla ? Comment t-ont-ils remarqué ?

Tesla m’a engagé pour shooter pour eux. J’ai obtenu une Tesla Model 3 pour une semaine et j’ai eu la tâche de la shooter avec un supercharger. C’était génial car je shootais au même moment un autre projet autour de Palm Springs, donc la « location gratuite » était cool. J’aurais aimé garder la voiture franchement.

Je n’ai pas réellement cherché à me faire remarquer et je ne mets pas cinquante tags dans mes photos non plus. Mais j’ai posté une image d’un supercharger dans le désert qui était assez vintage et qui a été reposté par de nombreux comptes Instagram. Ils ont vu la photo et ont voulu l’utiliser, alors là j’ai suggéré de faire toute une série pour eux et ils ont accepté… voilà comment le job est arrivé.

Combien de temps as-tu travaillé avant d’être capable de vivre de la photo (si c’est le cas) ? Et si tu n’avais pas été capable d’en vivre, qu’aurais-tu fait ?

J’ai commencé à travailler comme photographe à temps plein uniquement cette année. Ça a été un job de complément pendant sept ans, pendant que je travaillais comme graphiste dans une entreprise de publicité. Jusqu’ici ça s’est plutôt bien passé, je shoote quelques projets vraiment cool cette année. Mais New York reste une ville très chère, donc il faut toujours se battre. Je vends des tirages photos, je prends des commissions et je fais d’autres boulots de photos, je suis assistant sur des shoots, et je retouche des photos pour joindre les deux bouts. Lorsque je pourrais vivre de la photographie, je te le ferais savoir !

Comme je disais, j’ai beaucoup de compétences et d’expérience dans d’autres domaines comme le graphisme et l’illustration qui sont aussi des passions, qui ont été entachés par mon travail dans l’industrie de la publicité. Si je n’étais pas dans la photo, je m’imaginerais être illustrateur comme j’étais déjà graphiste. Enfin, je le suis toujours.

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