IE0037 – Gilbert Garcin

Minutieux surréaliste, autodidacte acharné, Gilbert Garcin se met en scène, parfois accompagné de son épouse Monique, parfois tout seul, au cœur de poétiques photomontages en noir et blanc qu’il qualifie de « petites philosophies ».

Petit-fils d’Auguste Garcin, gérant de la salle l’Éden-Théâtre ayant accueilli la première séance de cinéma payante de l’histoire, Gilbert Garcin plonge très jeune dans le monde de l’art. Ce n’est pourtant qu’à 65 ans, après une vie paisible en tant que patron d’une fabrique de luminaires, que se révélera cette destinée.

Durant les années 1990, à la suite d’un stage avec le photographe Pascal Dolémieux, il décida de se lancer dans ce qui deviendra alors sa deuxième vie. Dès 1998 il connut ses premières gloires avec notamment la galerie « Les filles du calvaire » qui le fit découvrir aux yeux de collectionneurs, d’amateurs d’art et de photographe confirmés. Au travers de thèmes universels tels l’amour, le temps ou la solitude et aux inspirations cinématographiques diverses comme Tati ou Chaplin, ses œuvres traverseront le monde entier, exposées dans les plus grands festivals.

Son travail resta pourtant toujours profondément artisanal. Au fond de son petit cabanon situé à La Ciotat, ville de sa naissance, il confectionnera ses saynètes au rythme du chant des cigales. Du sable, de petits galets, un oursin glané sur la plage non loin de là, une photographie du ciel d’un tableau du XIXe, et bien sûr son célèbre autoportrait « Monsieur G. » découpé en petite figurine aux multiples positions, voilà les nombreux accessoires dont Gilbert Garcin use pour créer humblement ses décors aux dimensions existentialistes et terriblement humaines.

Durant vingt ans, plus de 400 œuvres sortiront de son objectif, dont 260 qu’il décidera de conserver. Il disparut paisiblement dans son sommeil le 17 avril 2020 à l’âge de 90 ans.