des extraits
Des paragraphes retenus au fil des lectures.
↓des extraits
Des paragraphes retenus au fil des lectures.
Je t’envoie déjà une cargaison de tendres vœux, et que la vie rejaillisse en toi pendant toute l’année, te donnant le cher visage que j’aime depuis tant d’années (mais je l’aime soucieux aussi, et de toutes les manières). Je plie ton imperméable dans l’enveloppe et j’y joins tous les soleils du cœur.
À bientôt, ma superbe. Je suis si content à l’idée de te revoir que je ris en t’écrivant. J’ai fermé mes dossiers et ne travaille plus (trop de famille et trop d’amis de la famille !).
Je n’ai donc plus de raison de me priver de ton rire, et de nos soirées, ni de ma patrie. Je t’embrasse, je te serre contre moi jusqu’à mardi, où je recommencerai.
Partout où il n’y aura rien, lisez que je vous aime.
Mais au désir il faudra du manque et de l’absence, de l’imagination et du fracas, de la peur, de la honte, de l’excitation, de la jalousie aussi et ne jamais oublier que l’autre n’est pas à soi, jamais prenable, jamais tout à fait là.
Être doux avec les choses et les êtres, c’est les comprendre dans leur insuffisance, leur précarité, leur immaturité, leur bêtise. C’est ne pas vouloir ajouter à la souffrance, à l’exclusion, à la cruauté et inventer l’espace d’une humanité sensible, d’un rapport à l’autre qui accepte sa faiblesse ou ce qu’il pourra décevoir en soi. Et cette compréhension profonde engage une vérité.
Je viens de rentrer d’une soirée dont j’étais l’âme ; les bons mots jaillissaient de mes lèvres, tout le monde riait et m’admirait—mais je suis parti, et vraiment ce tiret devrait être aussi long que les rayons de l’orbite terrestre——————————————avec l’envie de me tirer une balle.
I have just returned from a party of which I was the life and soul; witty banter flowed from my lips, everyone laughed and admired me—but I came away, indeed that dash should be as long as the radii of the earth’s orbit——————————————wanting to shoot myself.
Pas seulement au sens figuré : dans le bus, je fermais souvent les yeux et j’imaginais le paysage qui défilait dehors, chaque virage et chaque colline, chaque maison et chaque garage. Le but était que le paysage au-dehors corresponde à celui que j’avais dans la tête quand je rouvrais les yeux. C’était toujours le cas.
Not just figuratively: on the bus I would often close my eyes and imagine the landscape passing by outside, every turn and hill, every house and garage. The goal was for the landscape outside to match what I had inside my head when I opened my eyes. It always did.
[U]n beau livre est sur toute chose une parfaite machine à lire, dont les conditions sont définissables assez exactement par les lois et les méthodes de l’optique physiologique ; et il est en même temps un objet d’art, une chose, mais qui a sa personnalité, qui porte les marques d’une pensée particulière, qui suggère la noble intention d’une ordonnance heureuse et volontaire. Observons ici que l’œuvre typographique exclut l’improvisation ; elle est le fruit d’essais qui disparaissent, l’objet d’un art qui ne retient que des ouvrages achevés, qui rejette les ébauches et les esquisses, et ne connaît point d’états intermédiaires entre l’être et le non-être. Il nous donne par là une grande et redoutable leçon.
Milan est une ville très dure et impénétrable, mais derrière les portes closes il se passe des choses créatives incroyables — et c’est tout l’intérêt de créer un lieu public comme celui-ci, qui porte cette créativité à la lumière », dit l’architecte Rem Koolhaas de sa nouvelle tour en zigzag à la Fondation Prada, qui ouvre cette semaine pendant le Salone del Mobile. Cette tour de neuf étages achève les plans de Koolhaas pour le site de 18 600 mètres carrés, la plus grande destination artistique de la ville, après trois ans de construction. Elle élargit considérablement les espaces d’exposition déjà vastes de la fondation, avec de nouvelles galeries réservées à la collection privée d’art contemporain de Miuccia Prada, et ajoute au lieu un restaurant et un bar en terrasse sur le toit.
Milan is a very harsh and impenetrable city, but behind closed doors there are unbelievable creative things, which is the point of making a public place like this that brings that creativity into the light,” the architect Rem Koolhaas says of his zigzagging new tower at the Prada Foundation, which opens during Salone del Mobile this week. The nine-story tower completes Koolhaas’s plans for the 200,000-square-foot site, the city’s largest arts destination, after three years of construction. It vastly expands the foundation’s already-extensive exhibition spaces with new galleries reserved for Miuccia Prada’s private collection of contemporary art, and adds a new restaurant and roof-deck bar to the premises as well.